1958-1959, l’état de l’école avant la réforme Berthoin.

L’évolution de l’éditeur de texte de wordpress, provoque des tâtonnements qui nous empêchent pour l’instant de présenter comme nous le souhaiterions les figures, nous vous prions de nous en excuser. Nous espérons pouvoir faire mieux d’ici quelques jours ou semaines…

Une séparation entre primaire et secondaire.

Jusqu’à la fin des années 1950, l’enseignement est assuré dans trois filières différentes. Les classes de l’enseignement primaire accueillent la plus grande partie des élèves soumis à l’instruction obligatoire, de 6 à 14 ans, du cours préparatoire aux classes de fin d’études primaires. Dans certaines communes s’y ajoutent les classes maternelles ou enfantines pour les enfants de moins de 6 ans ou les classes des cours complémentaires menant au brevet élémentaire. Les enseignants titulaires sont majoritairement des instituteurs et institutrices.

Les classes de l’enseignement secondaire, de la 11ème à la terminale sont celles des lycées. L’enseignement est assuré par des professeurs, excepté dans une partie des classes des petits lycées où exercent des instituteurs.

Les statuts des  établissements qui assurent les formations professionnelles sont multiples, centres d’apprentissage public, écoles techniques municipales, centres des chambres de commerce ou d’artisan… La plupart des formations agricoles sont rattachées à des écoles primaires.

ACA1958

L’enseignement public est sous la responsabilité des recteurs au nombre de 16, les rectorats sont implantés dans les villes disposant de longue date d’une université.

Toutes les données représentées dans cette page ont pour origine le site des archives de la DEPP, https://archives-statistiques-depp.education.gouv.fr/. Celles-ci sont présentées sous forme de fac simile des tableaux établis par le Ministère entre 1950 et 1965. pour l’analyse et les représentations graphiques, les données ont été saisies sur tableur et vérifiées par balance carrée (cohérence des lignes et des colonnes). Les traitements ont été réalisés par nos soins.

Une population scolaire fréquentant très majoritairement les établissements primaires

POPSCOL19582018

A la rentrée d’octobre 1958, un peu plus de 7 500 000 jeunes sont en formation, dont presque 6 000 000 dans une école primaire ou un cours complémentaire. Une majorité d’élèves quittent le système éducatif dans leur quinzième année, dans le meilleur des cas après avoir obtenu le certificat de finPOPSCOL1958 d »études primaires. Les Cours Complémentaires/ CEG (6°-3°) et les lycées (6°-terminales) scolarisent moins d’un cinquième de l’ensemble des jeunes en formation initiale.

POSCOLAIREPARAGE224ANS19581959

En 1958, les premières générations du Baby-boom, celles nées à partir de 1943-1944 arrivent à l’âge de fin de scolarité obligatoire. Les classes d’âge de moins de 13 ans ont au moins aux environs de 200 000 membres supplémentaires que celles qui les ont précédées. C’est pourtant sur elle que sera appliquée la réforme Berthoin qui impose la scolarisation jusqu’à 16 ans et qui incite à la fréquentation de l’école maternelle avant l’âge de 5 ans.

 

Une préscolarisation très inégale

MATERNELLESPRIMAIRE58

La croissance démogra-phique importante et les conséquences de la guerre sur les infra-structures scolaires n’ont pas permis le développement rapide de la préscolarisation. La scolarisation avant 5 ans est peu développée, particulièrement dans les départements ruraux.

Elle est plus forte dans les villes FillesPRIMAIRE58où l’emploi féminin commence à croître et dans les départements de forte implantation de l’enseigne-ment privé. L’école maternelle sert alors de moyen de recrutement dans un contexte de concurrence entre public et privé.

Cette concurrence privé/public est également à l’œuvre dans la scola-risation des filles, particuliè-rement dans quelques départements ruraux tels la Mayenne, le Maine-et-Loire et ceux du Sud du Massif-Central : Haute-Loire, Aveyron, Lozère, Ardèche.

La séparation des genres

A l’époque la mixité n’est ECOLESPUBLIQUES1958pas de règle, aux environs de seulement 12% des classes élémentaires sont mixtes. Il s’agit principalement des classes uniques des petites écoles de hameaux ou de village ou d’écoles à moins de 3 classes. Les faibles effectifs auraient conduit dans les communes qui en sont dotées à créer deux écoles à classe unique.

FILLESGARCONSPRIMAIRE1958

La séparation des genres est renforcée par un plus grand recours à l’école privée pour la scolarisation des filles. L’offre privée est plus importante en école de filles que de garçons, ainsi dans certaines communes de Bretagne, il n’y a pas d’écoles privées pour les garçons. Les écoles privées mixtes sont extrêmement rares .

 

Un retard qui s’accumule au fil des scolarités

Si un quart des élèves sont en retard en CP, ils sont plus de la moitié en CM2, dont près de un sur cinq ont redoublé deux ou trois fois.

AGEPUBLICCPACM21958etgenre

DEVENIRFINCPFE19571958

Plus de la moitié des jeunes des classes de fin d’études  de l’école pub-lique arrivant à 14 ans quittent l’école pour le travail,  ou pour une formation professionnelle courte menant au mieux à un CAP. Les poursuites d’études sont plus nombreuses pour ceux scolarisés dans des écoles privées. Les différences filles garçons sont moins marquées qu’aujourd’hui en la matière.

Les cours complémentaires :

Un enseignement ne menant que minoritairement aux études secondaires.

ORIENTATIONFINTROISIEMECC195758

Les cours complémentaires sont implantés dans des écoles primaires. Les enseignants relèvent de l’enseignement primaire et assurent une formation menant éventuellement au brevet élémentaire. Les sorties en fin de cinquième sont relativement nombreuses, les élèves une partie des élèves qui atteignent l’âge de 14 ans dans cette classe partent dans les établissements de formation professionnelle (Centre d’apprentissage, collèges techniques) Certaines disciplines, langues anciennes et deuxième langue vivante n’y sont pas enseignées.  En fin de troisième moins de la moitié des élèves sont orientés vers des formations de second cycle. établissements

Un enseignement secondaire réservé à un petit nombre et socialement marqué

Un accès limité aux Cours complémentaires et aux lycées

A partir du milieu des années 1950, les classes d’âge ont un effectif compris entre 750 000 et 820 000 jeunes, les effectifs des classes du secondaire restent très en deçà de ce niveau. En sixième de lycée en 1958, il y a moins de 150 000 élèves dans le public, soit moins de 20% des jeunes en âge de la fréquenter. L’enseignement secondaire malgré l’augmentation des effectifs reste essentiel-lement urbain, progressi-vement la part des garçons se rapproche de celle des filles du fait de l’allon-gement des scolarités et de moindres départs vers l’enseignement. Ceci dit il  reste essentiellement urbain et fréquenté par les enfants Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est wd3241pcselevessecondairesprive196061.pngdes catégories sociales aisées. Les enfants d’employés et d’ouvriers constituent à peine un tiers des effectifs de l’ensei-gnement secondaire public. Leur part est encore moindre dans le privé, moins d’un cinquième. Dans le public comme dans le privé la proportion d’enfants des classes populaires diminueCette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est wd3241erosionsocialesecondairepublic1958.png au fil des classes des lycées. Une partie des enfants des familles les moins aisés quittent le lycée au fil du cursus, pour entrer dans la vie active ou pour rejoindre une formation professionnelle.

 

 

Un enseignement supérieur peu fréquenté

EFFECTIFSETUDIANTS194858

En 1958-59 moins de 200 000 jeunes sont inscrits dans les facultés , alors que les enseignements proposés sont en cours de diversification. Ainsi à partir de 1955-56, moins de la moitié des étudiants fréquentent les facultés formant aux métiers libéraux de la médecine, la pharmacie et du droit. Les facultés de lettres proposent de nouvelles sciences humaines et sociale, celles de sciences diversifient leurs enseignements.

 

Pour comparaison quelques données de 2018 : soixante ans après

POPSCOL2018

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Pour aller plus loin : Chapoulie Jean-Michel, « Une révolution dans l’école sous la Quatrième République ? La scolarisation post-obligatoire, le Plan et les finalités de l’école », Revue d’histoire moderne & contemporaine, 2007/4 (n° 54-4), p. 7-38. DOI : 10.3917/rhmc.544.0007. URL : https://www.cairn.info/revue-d-histoire-moderne-et-contemporaine-2007-4-page-7.htm

Mise en ligne le 31/08/2020    Compléments à venir dans le mois de septembre.

Compléments le 08/09/20