La massification des études supérieures

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Au début des années 1960 le nombre de lauréats du baccalauréat est aux environs de 60000 alors que la classe en âge de l’avoir dépasse 700000 individus.  Pour l’année 1960 moins de 27000 des 59 000 lauréats ont poursuivi  leurs études,  la majorité (79,6%) d’entre eux se sont inscrits dans une faculté; le reste se partageant entre classes préparatoires et écoles d’ingénieurs, ou écoles de commerce (5000 étudiants). La volonté politique d’élever le niveau de qualification et d’assurer l’encadrement de la production par des techniciens conduit après la publication du rapport Bouloche (voir ci-dessous) à la création de nouvelles formations notamment technologiques aussi bien pour les services que pour l’industrie, IUT et sections de techniciens sont créées à partir du milieu des années 1960 (décret du 6 janvier 1966) . Alors que dans le même temps de nouveaux établissements universitaires sont créés. De même de nouvelles écoles d’ingénieurs,  de commerce de gestion ou de comptabilité sont implantées y compris en dehors de la région parisienne. Le niveau de recrutement des  formations paramédicales et sociales  est progressivement fixé après le baccalauréat, en conformité avec le mouvement général d’élévation des qualifications. La part des universités dans les formations supérieures baisse en conséquence avant de se stabiliser à partir de 2005.

 

 

Dans le même temps la mise en place creation universitaire6070de ces nouvelles formations contribue à la diffusion de la présence de l’enseignement supérieur hors des chefs lieux d’académie.

 

 

 

 

 

Extrait du rapport Boulloche

Le rapport Boulloche, préconise l’augmentation rapide  que le nombre de techniciens industriels et commerciaux, titulaires des brevets de l’enseignement technique, doit passer de 238 000 en 1954 à 880 000 en 1975, soit un coefficient multiplicateur de 3,7, (Vermot-Gauchy, 1963), presque le double de celui des ingénieurs. Au-delà de ces estimations, le groupe d’étude s’inquiète de la tendance à orienter une trop grande proportion de sa jeunesse vers des études supérieures théoriques et, dans le même temps, un nombre insuffisant d’étudiants vers des études techniques, supérieures ou non, qu’il est cependant indispensable de valoriser dans la mesure même où l’époque valorise la technique (Boulloche, 1964).

Le décret du 7 janvier 1966

Le texte est composé d’un rapport au premier ministre et de 11 articles. Le propos du rapport résume la logique générale de ce texte. Il s’agit en premier lieu de répondre « à la fois aux aspirations de la jeunesse d’aujourd’hui et aux exigences de la société moderne ». Le lien avec les réformes de l’enseignement du second degré est explicitement établi. Les réformes ont permis à un plus grand nombre d’élèves d’accéder au lycée. Cet afflux fait du baccalauréat un nouveau point de départ, ce qui suppose une diversification des voies de formation. L’idée d’orientation apparaît d’emblée de manière explicite : il faut « organiser au niveau du baccalauréat un palier d’orientation offrant des possibilités de choix entre des enseignements suffisamment variés pour satisfaire la diversité des vocations et des goûts »

https://journals.openedition.org/cres/3167. Michel Le Nir et Jean-Yves Seguy, « Les IUT à leur création : des laboratoires d’innovations institutionnelles et pédagogiques », Cahiers de la recherche sur l’éducation et les savoirs, Hors-série n° 6 | -1, 15-36.

Mise en ligne : 10 Mai 2019

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