La réforme Berthoin : vers la massification

La réforme Berthoin, une premier mise en système de l’Éducation nationale

Allongement des scolarités et unification du premier cycle du second degré

L’enseignement est assuré par un double système double qui accueille les enfants à partir de 6 ans et qui les conduit à des niveaux différent. L’enseignement primaire est assuré par les écoles primaires, du CP à la classe de fin d’études primaires, et par et les cours complémentaires, après le CM2 ou la classe de fin d’études jusqu’au brevet élémentaire. L’enseignement secondaire est assuré par les petits lycées de la onzième à la septième puis par les collèges ou les lycées de la sixième à la troisième et ensuite par es seuls lycées.

A la fin des années 1950, les inégalités scolaires restent nombreuses. A niveau scolaire équivalent en fin de CM2-septième les chances d’obtenir le baccalauréat varie de 1 à 9 selon que l’on entre en classe de fin d’études, de sixième de cours complémentaire (relevant de l’enseignement primaire) ou de sixième d’un établissement secondaire. L’espérance de vie scolaire est très inégale selon l’origine sociale, y compris à résultats scolaires identique, selon le type d’établissement fréquenté, selon le département de résidence.  Les taux de scolarisation en secondaire variaient du simple au triple entre les départements, mais aussi à l’intérieur des départements selon les cantons.

L’allongement des scolarités de deux ans pour élever le niveau de formation et de qualification de la population française, le Général De Gaulle souhaite le développement d’une classe de techniciens et de cadres intermédiaires, est décidée dans un contexte démographique bien particulier. L’effectif des classes démographiques en âge d’entrer en sixième à partir de 1956 est nettement plus important que celui des années précédentes, non seulement le système éducatif doit accueillir environ 250000 jeunes de plus en sixième, mais il doit les garder 2 ans de plus, au total il faut augmenter les capacités d’accueil de près de 2 500 000 places. En conséquence la décision prise par décret en 1959, n’entre en vigueur qu’en 1963, le temps de construire les collèges nécessaires et d’organiser le nouveau fonctionnement. En même temps, le gouvernement programme le développement de l’école maternelle avec l’objectif de scolariser progressivement tous les enfants à partir de 3 ans.

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Le développement de l’école maternelle

De 1960 à EFFMATPUBPRI196020151975 les effectifs des classes maternelles et des sections enfantines augmentent rapidement, d’une part les classes d’âge accueillies sont plus nombreuses (voir ci-dessus) et d’autre part le gouvernement incite à une scolarisation de plus en plus précoce, si bien que la taux de scolarisation atteint presque 100% en 1969 pour les enfants de 5 ans, en 1989 pour les enfants de 4 ans  et en 1995 pour les enfants de 3 ans.

La généralisation de la mixité dans les classes

_ L’accueil de classes d’âge plus nombreuses VERSMIXITE5871peut être réalisé en n’augmentant pas dans la même proportion le nombre d’instituteurs par plusieurs mesures, les écoles à classe unique ou les classes des petites écoles de hameaux aux effectifs le plus souvent réduit sont relocalisées dans les écoles des bourgs, de même l’introduction progressive de la mixité à partir du cours préparatoires groupées parallèlement au développement du Introduction de la mixité dans les classes, permet de réduire le nombre de maîtres.  Les seuils d’ouverture de classe ne s’applique plus deux fois dans la même commune en fonction du genre, mais du nombre total d’élèves.

 

La démocratisation du premier cycle.

L’augmentation du nombre d’orientations en sixième entraîne dans un premier temps la diminution du nombre d’élèves de classes de fin d’études puis leur suppression. Cela permet d’une part le report de postes d’instituteurs dans les classes maternelles, mais aussi pour ceux qui ont une formation disciplinaire plus spécialisée le recrutement comme Professeur d’enseignement général des collèges.

_ La généralisation du passage en 6° conduit à la disparition de la distinction des établissements accueillant les élèves de la sixième à la troisième. séparation des ‘unification des et l’unification du 1° cycle (fin des ordres).

Progressivement l’accès en sixième est amplifié, le concours d’entrée est supprimé pour les élèves ayant des résultats correspondant au niveau requis, l’examen est maintenu pour les autres, puis supprimé. L’entrée au collège, devenu collège d’enseignement secondaire  est généralisé en quelques années. Une pré-orientation avant la classe de quatrième est mise en place par l’institution de trois types de sixième, classique, moderne, de transition

_ Le développement de l’enseignement professionnel et l’institution du baccalauréat technologique. Les centres de formation des apprentis sont remplacés par des collèges d’enseignement technique qui dans un premier temps recrutent à la fois des élèves sortant des classes de fin d’études primaire et des élèves issus de classes de cinquième.

La carte scolaire : gérer les flux dans un nouveau réseau d’établissements

L’afflux de nouveaux élèves dans le premier cycle et à terme dans le second cycle du second degré nécessite à la fois l’augmentation des capacités d’accueil et une régulation des affectations pour optimiser leur utilisation. L’augmentation est rendue possible d’une part par la construction de nombreux établissements, principalement des collèges secondaires mais aussi techniques et de lycées généraux dans un premier temps et technologiques à partir de 1965-1966. Pour optimiser l’accueil la carte scolaire est instituée.  L’affectation est en théorie déterminée en fonction du lieu de résidence, pour les élèves de l’enseignement public.

 

Pour en savoir plus
André Robert, Système éducatif et réformes, Nathan Pédagogie, 2003
Claude Lelièvre, Histoire des institutions scolaires (depuis 1789), Nathan Pédagogie, 1990

 

Mise en ligne : 10 Mai 2019

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