Quelles violences dans les établissements secondaires ?

 

Octobre 2018 : Violences à l’école

L’analyse des violences à l’école par le MEN : une vision sans localisation

L’approche des phénomènes de violence dans les établissements scolaires par le Ministère de l’Education nationale n’est publiée que de manière irrégulière,  sans véritable continuité dans les notes d’information,  elles font l’objet de bilans annuels  aussi bien dans RERS que dans l’Etat de l’école, mais sont centrées principalement sur les violences commises et subies par les élèves. Les violences subies par les personnels ou commises par des personnes extérieures aux établissements ont fait l’objet d’une première note d’information en 2017 (Note d’information, n° 17.29). Par ailleurs l’absence de données de références sur les violences commises ou subies en dehors de l’école, empêche toute comparaison avec ce qui se passe pour la population générale. De plus l’absence de données sociales sur les auteurs ou les victimes, et surtout d’informations sur la localisation des établissements et les lieux de résidence des personnes impliquées ne permet pas de caractériser les contextes, notamment spatiaux. Les seules données accessibles, au demeurant très limitées, portent sur les types d’établissement dans lesquels les faits ont eu lieu. et leur taille répartie en 3 catégories (moins de 391 élèves, 391 à 596 élèves, 597 élèves et plus)

 Le nombre d’incidents graves déclarés par les chefs d’établissement a augmenté entre 2008 et 2012. Puis à partir de 2015, comme pour de nombreux autres faits délictueux, l’on n’est pas en mesure de déterminer si les évolutions constatées relèvent d’une évolution du nombre de faits commis ou d’un changement dans la gestion de l’information par les chefs d’établissement.

Une violence plus présente dans les établissements professionnels

Les incidents sont quatre fois plus nombreux dans les lycées professionnels que dans les lycées généraux et technologiques (2016-2017). De même, dans les collèges la proportion d’incidents est plus élevée dans les établissements de l’éducation prioritaire que dans les autres , et dans les collèges urbains que dans les collèges ruraux.

INCIDENTSNOMBRE200917

Les inégalités de genre sont également à l’œuvre en matière de violence si l’on reprend les résultats de l’enquête de victimation  (terme utilisé par le MEN) réalisée dans les collèges publics et privés au printemps 2017. Les cinq incidents les plus nombreux(graphique ci-dessous) ont été vécus par au moins 30% des élèves, plus souvent par les garçons que par les filles à l’exception des mises à l’écart, sans que l’on sache si celles-ci sont le fait de filles ou de garçons. Le cas le plus fréquent est l’insulte suivi par le vol de fournitures scolaires. Les incidents d’ordre symbolique, insulte, humiliation,  sont les plus nombreux à ce niveau.

VICTIMATION2017

Des violences majoritairement commises par les élèves

Les auteurs des violences sont très majoritairement des élèves scolarisés dans le même établissement que la victime, et beaucoup plus rarement des parents d’élèves ou des jeunes venus d’un autre établissement. Les incidents dont sont responsables des membres du personnelVICTIMES2017RV sont extrêmement rares (moins de 0,5%). Les élèves et les membres du personnels sont victimes à peu près dans les mêmes proportions de ces violences.

Les violences les plus fréquemment subies par les filles sont liées à leur identité.
Si les filles sont plus exposées aux incidents et violences à caractère sexuel, elles n’en sont pas les seules victimes puisque les garçons déclarent également, certes dans une moindre proportion être soumis à des caresses et à des baisers forcés. Les violences qui constituent une atteinte au corps sont proportionnellement moins nombreuses que les actes symboliques.

Les violences plus fréquemment subies par les garçons sont majoritairement liées à la confrontation physique et à la possession d’un cyclomoteur.

Les violences plus fréquemment subies par les garçons que par les filles sont du domaine du physique (coups, jeux dangereux). Leur fréquence est certes élevée (25% pour les coups) mais n’atteint pas celle des violences partagées à quasi égalité par les filles et les garçons.

 

Mise en ligne : 10 Mai 2019

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