Le soutien scolaire, réduire ou aggraver les fractures ?

L’analyse de l’offre de soutien scolaire (cours particuliers ou collectifs) n’est possible que pour une toute petite part puisque selon l’Inspection générale ou la Cour des Comptes,  dans au moins 75 à 80% des cas les cours ne font l’objet d’aucune déclaration, du fait de l’accord entre les parents et celui qui assure le soutien : les parents préférant un tarif moins élevé en contrepartie de l’absence de défiscalisation  ou le prestataire pour éviter l’imposition. La petite partie visible des cours particuliers découle de la défiscalisation qui permet aux parents par l’emploi du CESU (Chèque emploi service universel) de bénéficier d’un avantage fiscal. Ce mode de paiement est accepté par  des prestataires travaillant en autonomie ou dans le cadre des principales franchises (Acadomia®, ACSAN,® Anacours®, Complétude®, Cours Legendre®,  Domicours®). Au moins deux d’entre elles revendiquent le fait d’être la société qui domine le marché, dont Domicours® qui n’affiche pas sur son site la carte de ses agences mais qui se présente comme mandaté par des compagnies d’assurances qui recourent à ses services en cas d’interruption de scolarité prolongée du fait d’un accident ou d’une maladie.

Pourtant le recours aux cours particuliers ne semble pas tant lié aux difficultés scolaires qu’à la recherche par les parents d’une aide pour assurer une plus grande réussite de leurs enfants, notamment en mathématiques ou en sciences, afin de faciliter l’accès aux formations sélectives, dont jusqu’en 2019 la série « S » à partir de la seconde ou les  classes préparatoires après le baccalauréat. Le soutien scolaire, comme opportunité d’amélioration des performances scolaires, est une pratique essentiellement mobilisée par les familles les plus favorisées.

WD186SOUTIENSCOLAIRELa répartition des agences  semble refléter cela, à l’exception, peut-être, du sud est de la France où un groupe (ACSAN) est très fortement et densément implanté par rapport aux autres sociétés. En général, celles-ci ont un bureau dans la ville préfecture. ACSAN est présent dans 15 communes des Bouches-du-Rhône (soit plus de 10% des communes du département).

L’absence des sociétés dans certains départements ne signifie pas l’absence d’offre, mais que celle-ci est assurée par de petites entreprises locales ou des particuliers, c’est notamment le cas dans les DOM.

« En France le soutien scolaire représente un chiffre d’affaire d’environ 2 milliards d’euros. Il bénéficie d’aides fiscales importantes. » http://www.cafepedagogique.net/LEXPRESSO/Pages/2017/02/09022017Article636222209880226604.aspx
Alternatives économiques Rentrée 2016  La France, championne du soutien scolaire Vincent Grimault

Mise en ligne : 10 Mai 2019

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