Les besoins et les moyens, édition 2010

L’état des besoins et des moyens dressé dans l’édition  2010

La scolarisation dans le monde

La scolarisation est l’un des principaux facteurs de l’émancipation des individus (particulièrement des filles), mais aussi du développement collectif des sociétés et des économies. Le contraste entre les États qui scolarisent à temps plein la majorité des jeunes âgés de 3 à 18 ans et ceux dont le système éducatif ne permet, au mieux, que la scolarisation partielle de la moitié d’une génération (Afrique subsaharienne, Asie du Sud-Ouest) est emblématique des fractures existant entre les pays développés et les autres. Ce problème est d’autant plus crucial qu’en l’absence d’école, c’est l’avenir des enfants et des pays qui est compromis.

Démographie et scolarisation en France

En 1959, la réforme Berthoin a porté l’âge légal de fin de scolarisation de 14 à 16 ans. Depuis les politiques éducatives successives ont incité à la scolarisation précoce en maternelle et à la poursuite des études jusqu’au baccalauréat. De 3 à 18 ans, il n’y a plus de différence entre population scolarisée et population scolarisable. Dans le même temps, la répartition de la population française a évolué , tant à l’intérieur des départements qu’entre eux, modifiant profondément la carte scolaire. Elle a dû s’adapter aux variations des effectifs d’élèves, que celles-ci résultent des flux migratoires ou de l’accroissement naturel.

Maternelle, école élémentaire, collège : un enseignement de proximité ?

 En raison des pratiques de scolarisation massive dès 3 ans, puis de l’obligation scolaire à partir de 6 ans, les effectifs des écoles et des collèges sont à l’image de la France des moins de 16 ans et des jeunes couples. Une France des métropoles aux départements très peuplés, dont la population augmente, s’oppose à une France rurale à faible densité, en cours de vieillissement. Les fermetures et les ouvertures de classes et d’établissements reflètent les évolutions démographiques et économiques locales, mais aussi les changements des modes de vie (comme la dissociation croissante des lieux de résidence et d’activité des parents).

Le lycée : entre proximité et spécialités

En France 16 départements comptent moins de 5000 lycéens et moins de 10 lycées ; des chiffres inférieurs à ceux de la plupart des capitales régionales. Phénomène inverse, on dénombre autant de lycées dans le Haut-Rhin par exemple que dans toute l’académie de Limoges. Comme celle des écoles et des collèges, la géographie des lycées révèle des inégalités entre les académies, les départements, ou  à l’intérieur des départements, selon les contextes démographiques locaux. Elles ne se mesurent pas seulement en termes d’effectifs : l’offre de formation (filières, options) est d’autant plus variée que les établissements sont nombreux.

Budget et dépenses

Les dépenses d’éducation et d’enseignement sont pour l’essentiel décidées et assurées par l’État et les collectivités territoriales, dans le respect du partage des compétences de chacun. Elles sont des dépenses d’initiative politique, affectées à la réalisation d’une mission de service public : la formation initiale de tous. Cependant, depuis quelques années, un crédit d’impôts est octroyé aux parents qui paient avec des chèques emploi service les cours particuliers assurés par des sociétés privées. Une petite partie de la dépense publique d’éducation est donc reversée à des initiatives privées pour un service à la personne.

Le réseau des établissements scolaires : vers la concentration

Les écoles, collèges et lycées « matérialisent » l’offre scolaire du service public d’enseignement. Leur répartition sur le territoire est inégale, dépendant à la fois des effectifs scolarisables, des maillages administratifs et des formations proposées. Si l’école primaire reste dans la plupart des cas un équipement de proximité, les collèges et lycées se concentrent de plus en plus dans les chefs lieux d’arrondissements (préfectures, sous-préfectures, gros bourgs).  Malgré la carte scolaire, les élèves peuvent donc s’en trouver relativement éloignés. La présence de l’enseignement privé est elle aussi irrégulière, l’offre étant diversifiée et proche dans les métropoles, réduite et éloignée ailleurs.

Les dispositifs d’éducation prioritaire, pour la réussite scolaire

La politique d’éducation prioritaire a été instituée au début des années 1980 pour réduire l’échec scolaire des élèves habitants dans les secteurs urbains paupérisés. Elle s’est traduite à l’origine par la création des zones d’éducation prioritaire (ZEP), le plus souvent dans les quartiers périphériques de grands ensembles. Les établissements qui y sont intégrés bénéficient d’un renforcement de leurs moyens matériels et humains. Depuis les dispositifs ont été soumis à de fréquentes modifications sans pour autant que les élèves des quartiers prioritaires voient s’améliorer significativement leur cursus scolaire ou leur insertion professionnelle. 

Les ressources humaines

Les informations concernant le corps enseignant restent étrangement maintenues sous le sceau du secret : aucun indicateur par établissement n’est publié, que ce soit pour le public ou pour le privé. Pourtant, la composition des équipes enseignantes en fonction du statut, de l’âge, du genre ou encore de l’ancienneté dans le poste est révélatrice du fonctionnement des écoles et des établissements secondaires. La qualité des conditions de travail s’exprime partiellement à travers les demandes de mutation, lorsque, de fait, les enseignants se retrouvent en concurrence pour choisir leur lieu d’affectation.

 

Mise en ligne : 10 Mai 2019

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