Les diplômes professionnels

Une lente diversification des formations professionnelles

Les diplômes professionnels sont préparés par deux filières, celles de l’enseignement secondaire (en lycées et sections professionnels), celles de l’apprentissage (en CFA), sous les tutelles des ministères en charge de l’Éducation nationale ou de l’Agriculture, la Forêt et la Pêche. Jusqu’en 1966, ils se limitaient au certificat d’aptitude professionnelle CAP (créé en 1911 sous le nom de Certificat de Capacité Professionnelle)  et au brevet de maîtrise. Le CAP était préparé dans un collège d’enseignement technique (CET, précédemment Centre d’Apprentissage Public – créé en 1949) ou dans  un Centre de Formation des Apprentis, après les classes de fin d’études primaires ou éventuellement après la classe de cinquième. Depuis le début de la V° République et la mise en œuvre de la  réforme Berthoin, le souci d’élever le niveau de formation de la population s’est traduit au fil du temps par la création de nouveaux diplômes et l’ouverture des formations qui y préparent.  Le BEP (Brevet d’études professionnelles) a été institué en 1966,  c’est une formation en deux ans accessible à l’issue de la classe de troisième ou éventuellement après un CAP.  L’année suivante, 1967, le baccalauréat technologique est créé pour assurer la formation des cadres et des techniciens nécessaires à l’économie française, très rapidement des premières d’adaptation permettent de rejoindre la voie technologique après le BEP. À partir du milieu des années 1980, l’orientation de fin de cinquième est progressivement supprimée, le BEP et le CAP en 2 ans à partir de la troisième deviennent temporairement majoritaires dans les lycées professionnels. La volonté d’élargir l’accès au niveau IV de formation, y compris par la filière professionnelle, est affirmée en 1985 par la création du baccalauréat professionnel, préparé en 2 ans après l’obtention du BEP. À l’origine, il s’agissait donc d’un diplôme obtenu au minimum quatre ans après la sortie de troisième, à partir de 2007 il est préparé en 3 ans, le BEP en devient une étape intermédiaire.

Une augmentation progressive du nombre de diplômés de niveau IV 

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 Les effectifs de bacheliers professionnels restent stables entre 1995 et 2005 puisque les capacités d’accueil des établissements sont contingentées, le passage du BEP-BacPro en 4 ans à une formation en trois ans permet d’accueillir un tiers d’élèves en plus à effectif professoral constant, mais réduit très fortement la possibilité d’intégrer la filière technologique via la première d’adaptation.  Une nouvelle augmentation du nombre de bacheliers intervient aussitôt.

Comme pour les autres diplômes, une réussite liée au genre et à l’origine sociale

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La réussite aux diplômes professionnels de niveau V selon le genre montre, comme dans l’ensemble des formations, que les filles réussissent mieux que les garçons. L’amélioration des résultats, favorisée par l’accroissement de la part du contrôle continu, est quasi régulière sur une période de 20 ans.

On peut regretter que la publication des données de la réussite selon les origines sociales des lauréats ne soient plus publiées dans Repères et Références pour les  diplômes professionnels alors qu’elles le sont encore pour le DNB et le baccalauréat.

Des formations professionnelles reflets des contextes économiques locaux

Les CAP plus choisis que les BEP dans les espaces ruraux

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La préparation du CAP est plus fréquente dans les départements au sud d’une ligne joignant le département de la Manche à celui des Alpes-Maritimes. Notamment dans les départements ruraux où les entreprises artisanales sont majoritaires et où les CFA sont plus présents. A l’inverse dans les régions anciennement industrielles les CAP sont relativement moins recherchés.

Pour la répartition des sections selon les spécialités on se reportera à la page relative à l’offre d’enseignement professionnel (pas avant le printemps 2020).

Diplômés de niveaux IV et V, une France contrastée.

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La préférence pour le CAP dans une grande moitié de la France, est corrélée à la préférence dans cet espace pour les  diplômes de niveau V. L’exemple le plus frappant est celui de Paris, des Hauts-de-Seine et du Val de Marne où le nombre de bacheliers est deux fois plus élevé que celui des diplômés des CAP et BEP. Cela renvoie à l’inégale répartition de l’offre de formation en Ile-de-France ; les lycées profes-sionnels sont proportionnellement beaucoup moins nombreux à Paris même qu’en banlieue.

 

Précision méthodologique : les données sont localisées à travers l’adresse de l’établissement dans lequel l’inscription à l’examen a été enregistrée et non au lieu de résidence de l’élève.
Pour en savoir plus :
Claire Lemêtre et Gilles Moreau, « Le CAP, portrait sociographique », Cahiers de la recherche sur l’éducation et les savoirs [En ligne], Hors-série n°4 | 2013, mis en ligne le 31 octobre 2013, consulté le 06/01/2020URL : http://journals.openedition.org/cres/2498………………………………………………………………                                            ……………………………………………………………… Fourcade Bernard, Ourtau Maurice. Le BEP : Un diplôme, deux finalités ?. In: Formation Emploi. N.66, 1999. pp. 39-55. www.persee.fr/doc/forem_0759-6340_1999_num_66_1_2347…………………………………………………………………………………………………….. Fabienne Maillard, « Postface : Le baccalauréat professionnel trente ans après sa création : de la marche forcée à la banalisation ? », Formation emploi [En ligne], 131 | Juillet-Septembre 2015, mis en ligne le 15 octobre 2017, consulté le 05 novembre 2019. URL : http://journals.openedition.org/formationemploi/4518

 

Mise en ligne le 05/11/2019                                             Mise à jour des données le 16/12/2109

Dernière modification : 06/01/2020