Les enseignants du public : des ressources humaines très inégalement affectées

Une augmentation du nombre d’enseignants liée au développement et à la diversification du second cycle du second degré.

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La généralisation de l’accès aux études secondaires dans un contexte de croissance démographique (fin du baby-boom) a nécessité le recrutement massif d’enseignements du secondaire. Depuis 1962 celui-ci a été multiplié par presque quatre (*3,8), alors que le  nombre d’enseignants du premier degré est resté relativement stable, l’élargissement progressif de la scolarisation en maternelle compensant la suppression des classes de fin d’études.

Enseignants du premier degré : un corps en voie d’unification

Au début des années 1990, INSTITPE19802017le corps des professeur des écoles a été institué (Décret n° 90-680 du 1er août 1990). A partir de ce moment le niveau de recrutement des préparations au cours d’enseignant de l’école élémentaire a été porté à bac+3. En moins de 10 ans les instituteurs recrutés à bac+2 sont devenus minoritaires. Une fraction d’entre eux et partie à la retraite, une autre fraction constituée par ceux qui disposaient d’une licence ont pu être intégrés dans le nouveau corps. Aujourd’hui, un peu moins de 3 000 enseignants du premier degré sont encore des instituteurs. Depuis la rentrée de septembre 2010, ne peuvent être titularisés que des enseignants ayant obtenu un master. Ces évolutions statutaires n’ont été liées à aucune réforme pédagogique. La création d’un nouveau corps a permis de mieux rémunérer les nouveaux enseignants sans étendre cette amélioration à ceux déjà recrutés et approchant de la retraite.

Enseignants du second degré, spécialisation et hiérarchie

La répartition des différents ENSEIGNSECDEGRE2017corps de professeurs dans les établissements correspond à une forme de spécialisation et de hiérarchie. Si les professeurs certifiés sont présents très majori-tairement dans les collèges, les lycées généraux et techno-logiques y compris pour les sections de techniciens supérieurs, les PLP (professeurs de lycée professionnel) sont par destination cantonnés dans les formations des lycées professionnels. Les agrégés, sont de moins en moins présents dans le premier cycle.

A cette spécialisation s’ajoute une iAGREGESPARTACADROM.pngnégale répartition en fonction du statut de l’établissement et de sa localisation. Les professeurs agrégés sont prioritairement affectés dans les établissements de centre ville, notamment ceux disposant d’une CPGE dans les chefs-lieux d’académies ou villes universitaires. En conséquence l’académie de Paris se distingue par la forte présence des agrégés qui constituent près du tiers des enseignants du second degré public et particulièrement pour les professeurs de chaire supérieure.

Une répartition genrée.

ENSEIGNANTSGENRE20172018Une double différence est établie en fonction du genre. Le pourcentage de femmes est nettement plus élevé dans les corps de l’enseignement élémentaire que dans le secondaire. Le taux de féminisation  des enseignants de l’école élémentaire (85%) est beaucoup plus élevé que pour lycées et collèges (64%), particulièrement pour les classes maternelles. Dans le secondaire la féminisation  diminue avec la montée en grade ou la spécialisation. Ainsi le corps des professeurs d’EPS est le moins féminisé de tous, même spécificité au sein du corps des professeurs de lycée professionnels,  qui interviennent  dans des sections  industrielles. Les écarts entre privé et public sont inversés, dans l’élémentaire la part des femmes est plus élevée dans le privé, elle est moins forte dans le secondaire, particulièrement pour les certifiées qui fournissent l’essentiel des effectifs.

Un recours de plus en plus fréquent à des vacataires

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Le recours à des enseignants non-titulaires a été utilisé lors des périodes de forte croissance des effectifs à scolariser, lors de l’allongement des scolarités au début de la V° République, avec le développement de l’enseignement professionnel par la création des CET puis de  l’enseignement technologique par les sections technologiques des lycées. Des plans de résorption de l’auxilariat ont été appliqués au milieu des années 1980 puis au début des années 2000. Depuis 2007, la contribution de l’Education Nationale à la réduction du nombre de fonctionnaires s’est accompagnée d’un recours plus massif à des agents vacataires, la crise du recrutement dans certaines disciplines pour les concours de recrutement (mathématiques, langues anciennes…) a amplifié le phénomène. En 2017, le ratio d’enseignants non-titulaires par rapport aux titulaires se rapproche de ce qu’il était en 1960, à l’époque il y avait 14 maîtres-auxiliaires pour 100 titulaires aujourd’hui il y a 11 vacataires. La situation est pourtant différente, en 1960, le gouvernement venait juste de décider l’allongement des scolarités pour favoriser l’élévation du niveau de qualification, en 2017, cela fait plus de 30 ans que la dernière mesure d’élargissement du second cycle, la création des baccalauréats professionnels, a été décidée.

Des mobilités multiples pour des causes différentes

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Les mobilités des enseignants découlent selon les départements de causes différentes. Les départements les plus fuis (Guyane, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne) sont le plus souvent ceux où les conditions de vie et d’exercice du métier sont les plus difficiles. En Seine-Saint-Denis, la proportion de vacataires et de jeunes enseignants est  très forte, certains abandonnent en cours d’année, d’autres attendent d’avoir le barème minimum pour pouvoir postuler dans un autre département. Les départements dans lesquels les entrées sont plus nombreuses que les sorties, sont souvent des départements dits de « fin de carrière » où suffisamment de postes sont libérés pour permettre le retour au pays (Bretagne) ou le bénéfice d’un meilleur climat (régions méridionales)  à l’approche de la retraite.

Les enseignants du privé

Mise en ligne : 10 Mai 2019

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