Les langues, levier d’obtention des dérogations

La prédominance de l’Anglais et de l’Espagnol

LV123L’anglais est étudié par près de  100% des élèves des établis-sements secondaires en LV1 ou en LV2. L’espagnol est étudié par un peu plus de la moitié des élèves principalement en LV2, à l’exception du sud-ouest ou il est également proposé en LV1. Excepté l’allemand les autres langues sont ultra-minoritaires, qu’il s’agisse des langues régionales, ou des langues rares.  Celles-ci comme les langues anciennes constituent une possibilité de différenciation des parcours scolaires en facilitant le regroupement dans les classes d’élèves d’origine sociale plus homogène.

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La constitution de ces classes en partie fondées sur un entre-soi social est renforcée par la présence de classes bilangue, qu’il s’agisse des classes européennes au début des années 2010 ou des nouvelles classes réinstituées dès la nomination de J.-M. Blanquer au Ministère de l’Education nationale. La question de l’enseignement des langues reste sensible, en témoigne les débats relatifs à l’enseignement de l’arabe.

 

Les langues au service de la sélection : les sections internationales

Les sections internationales forment un ensemble à part, elles n’accueillent qu’un peu moins de 5% des élèves du secondaire (hors ULIS et SEGPA). Elles ont pour mission de permettre la scolarisation en langue d’origine des enfants d’expatriés installés en France dans des organisations internationales, dans des entreprises internationales ou dans des centres de recherche.  L’enseignement se fait en langue étrangère. Leurs effectifs sont complétés par de jeunes français ayant les compétences linguistiques suffisantes pour suivre leur scolarité dans une autre langue que le Français. Elles sont présentes principalement dans les seconds cycles généraux dont elles constituent 13,5% des effectifs. Elles sont peu nombreuses en collège (0,8% des effectifs) et en LP (3,2%). L’anglais et l’américain dominent dans les seconds cycles, 73% en sections générales et technologiques et 80% en lycée professionnel, mais seulement 49,8% en collège du fait principalement de la concurrence de l’allemand, langue sélective, et de l’espagnol.

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Langues anciennes, vers la disparition du grec ?

Le développement du latin en 6° et amorce de la fin du grec en collège, un élève sur 6 étudie le latin en quatrième, un sur 50 le grec.Ces deux langues restent des éléments de distinction sociale, elles sont davantage choisies dans le privé que dans le public, dans celui-ci elles permettent de LATINCSPchoisir pour ses enfants des classes de collège aux profils sociaux plus aisés. Dans le second cycle général, les lan-gues anciennes sont optionnelles et n’at-tirent plus qu’un nom-bre réduit d’élèves, davantage dans le privé que dans le public. Cela reflète à la fois la différence sociale de recrutement des deux secteurs et l’intérêt plus grand porté aux enseignements classiques par les parents d’élèves du privé, au profil socio-culturel plus marqué par la présence des cadres et des professions intellectuelles.

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Au lycée le latin est encore choisi en seconde par 9 % des élèves, et facilite la constitution de classes avec une moindre proportion d’enfants des groupes défavorisés de la population. Le grec reste résiduel et disparaît des collèges.

 

Les langues sont un des motifs administrativement reconnu de demande de dérogation utilisables par les parents pour obtenir la scolarisation dans un établissement de meilleure réputation que celui du secteur de résidence.  L’offre de langue est souvent réduite dans les petits collèges et différenciée dans les collèges urbains, même si quelques établissements de périphérie ont obtenu des sections de langues rares ou prestigieuses, la plupart de celles-ci sont proposées principalement dans les établissements de centre-ville.

Latin et chinois, deux diffusions différentes (texte non actualisé)

La diffusion du latin, répondant à une logique presque traditionnelle, est bien plus large que celle du chinois. Si l’appétence des familles est forte pour cette langue morte, c’est qu’elle est depuis longtemps perçue comme un moyen d’accéder aux meilleures classes et aux meilleurs établissements. Dans tous les départements, sans exception, des élèves apprennent le latin ; c’est le cas d’une dizaine de collégiens guyanais par exemple. Simple effet de masse de la population scolaire, la France des métropoles apparaît plus sensible à cette option. Certains départements méridionaux surprennent par la proportion d’élèves latinistes (Landes, Gers, Cantal, Haute-Loire, Ardèche ou Drôme). Peut-être faut-il y voir la preuve de la persistance d’un réflexe de poursuite d’études générales en France rurale du sud, terre d’exode, dans une stratégie d’accès à des emplois de la fonction publique ?

L’implantation du chinois en langue vivante 1 ou 2 est plus restrictive puisqu’elle n’est pratiquée que dans une vingtaine de départements seulement. Avec 250 élèves, Paris fait figure de grand pôle français d’apprentissage du chinois, loin devant les Hauts-de-Seine, la Gironde (Bordeaux), la Loire-Atlantique (Nantes) et l’IIle-et-Vilaine (Rennes). L’île de La Réunion, véritable creuset ethnique, baptisée ainsi en l’honneur de la réunion des peuples, se distingue logiquement comme pôle d’apprentissage du chinois outre-mer.

 

Mise en ligne : 10 Mai 2019

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