Les données publiques sur le système éducatif

Au début des années 1980, sous l’impulsion de Jean-Pierre Chevènement, le ministère de l’Education nationale a commencé à publier des informations statistiques sur le fonctionnement des établissements scolaires, tout comme il a facilité la connaissance par les parents des programmes scolaires en les éditant au format de poche. Auparavant peu de données étaient diffusées. Pour faciliter l’information y compris des personnels de direction et d’administration, la direction de l’évaluation et de la prospective (DEP, devenue DEPP par l’ajout de la performance)) a été créée. La première publication annuelle d’ampleur Repères et références statistiques est publiée à partir de 1983-1984, suivie assez vite par lEtat de l’école et  Géographie de l’Ecole, ces trois ouvrages s’appuient largement sur les Notes d’Informations qui paraissent au fil de la réalisation des enquêtes initiées par le Ministère. Ils fournissent des indicateurs nationaux, régionaux ou académiques sur la plupart des thèmes retenus par le ministère, et départementaux pour l’enseignement élémentaire. Depuis 2018, l’on trouve même quelques données par bassin de vie. Un site spécialisé est consacré à l’éducation prioritaire. De même certains Rectorats mettent en ligne depuis longtemps les données ou les dossiers dont ils disposent (Clermont-Ferrand). Depuis 2017, d’autres académies commencent à alimenter Data.gouv.fr

Il est reste cependant très difficile de constituer des bases de données sur les situations départementales ou communales. Par exemple, aucune compilation des moyens mis à disposition des écoles par par les communes et intercommunalités n’est réalisée. La Cour des Comptes donne quelques éléments à partir de son travail de vérification des budgets communaux, mais cela reste très parcellaire. Les informations sur la carte scolaire, les dérogations sont le plus souvent absentes. Cependant quelques départements et communes les rendent publiques, sans que cela soit forcément régulier.

Des pans entiers du fonctionnement du système éducatif ne font l’objet de publication de données, c’est le cas notamment des méthodes pédagogiques utilisées par les enseignants, ni du mode de fonctionnement en équipe (ou non). Personne n’est ainsi en mesure de préciser quelle est la méthode de lecture utilisée en CP ou en CE1. Il en va de même du respect des horaires officiels ou des programmes. Il est surprenant que la question des méthodes à changer, voire à bannir, soit aussi importante alors qu’aucun état des lieux n’est dressé.

Toute personne intéressée par ces informations, parent d’élève, citoyen, élu, enseignant, chercheur, etc. doit composer avec les lacunes spatiales ou temporelles. Ceux qui s’y intéressent dans la durée, sont confrontés de plus à la discontinuité des indicateurs. Certains indicateurs ne font plus l’objet d’un suivi régulier, comme le taux de retard à l’école élémentaire. Certains indicateurs sont promus, tels les taux de réussite au baccalauréat (taux attendu, taux constaté) alors que les éléments pris en compte sont incomplets. Comment calculer un taux attendu pour le  baccalauréat professionnel alors que l’origine sociale d’un cinquième des élèves n’est pas connue. De même, l’incidence des cours particuliers de soutien ou d’approfondissement, n’est jamais envisagée.

A venir : analyse de l’évolution des thèmes des notes d’information de la DEP (notes bleues) pour la période 2005-2019

Mise en ligne : 17/05/2019

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